
Développeur : Nippon Ichi Software
Editeur : Koeï
Support : PS2, Wii
Genre : RPG tactique
Dates de sortie :
- Japon : 22 janvier 2004 (PS2), 12 mars 2009 (Wii)
- Amérique du Nord : 31 août 2004, 11 août 2009 (Wii)
- Europe : 4 février 2005 (PS2)
Après le succès artistique et critique de Disgaea: Hour of Darkness, Nippon Ichi publie Phantom Brave (ファントム・ブレイブ) quasiment un an plus tard, jour pour jour, au Japon. S’il n’est pas le plus connu, il s’agit peut-être du jeu le plus artistiquement abouti des titres NIS sur la seconde console de salon de Sony. Il propose par ailleurs une approche un peu différente de son prédécesseur en terme de gameplay et d’ambiance. L’aventure met en scène une jeune fille âgée de treize ans, Marona, qui, depuis le décès de ses parents huit ans plus tôt, vit sur une île subtilement nommée Phantom Island. Elle est accompagnée de Ash, jeune fantôme ressuscité par le père de Marona lors de l’attaque mortelle de Sulphur, le démon à l’origine de ce tragique événement. Marona est une jeune fille d’exception, une Chroma : elle dispose des mêmes pouvoirs que ses parents, et peut donc invoquer, voir et communiquer avec les fantômes. Un phénomène si étrange pour les autres habitants qu’elle est depuis toujours appelée « The Possessed One », et reçoit de nombreux courriers peu élogieux. Son objectif : parcourir le monde pour venir en aide aux habitants confrontés aux terribles menaces des fantômes tombés du côté obscur.

Phantom Brave propose un univers bien loin des délires extravagants de la saga Disgaea. Quelques notes d’humour ont été glissées dans ce triste scénario, mais elles se font plutôt rares. Cela se ressent dans la direction artistique et plus particulièrement à travers les protagonistes et les décors imaginés et dessinés par les génies Yoshitsuna Kobayashi et Takehito Harada, qui une fois de plus signera son oeuvre en faisant apparaître le personnage de Pleinair dans le jeu. L’ambiance, paisible à souhait, est sublimée par l’utilisation des couleurs pastels pétillantes et rafraichissantes. Côté musiques, c’est une fois encore Tenpei Sato qui est à la composition. Sans surprise, le résultat est surprenant : un mélange de genres bien dosé, des guitares acoustiques, des percussions, des instruments originaux… Une véritable épopée musicale qui fait de l’OST de ce jeu l’une des meilleures de Nippon Ichi.
Tout comme Disgaea, Phantom Brave propose un système de combat utilisant une 3D isométrique, les personnages étant réalisés, eux, dans une jolie 2D. Le gameplay nécessite une tactique toute particulière dès le début des assauts : afin de grossir ses rangs, Marona doit invoquer ses amis fantômes en « confinant » les éléments du décors tels que les arbres, les roches et les plantes. À chaque élément sont attribuées des caractéristiques particulières en terme de défense, d’attaque, qu’il faut évidemment prendre en compte en fonction du rôle que vous attribuez à vos fantômes. À force de logique et d’un peu d’entraînement, on parvient à maîtriser la nature pour en faire son meilleur allié.

Phantom Brave se distingue aussi de son grand frère par la simple évolution du système de déplacements. Là où Laharl et ses amis sont limités à un damier rigide, Marona et ses fantômes peuvent déambuler suivant un cercle de déplacement offrant une liberté plutôt plaisante. Ajoutez à cela l’utilisation des éléments du décors, la gestion pointilleuse du nombre de tours, et un nombre incalculable d’idées bien mises en oeuvre, et l’on obtient l’un des RPG tactiques les plus riches de l’ère PlayStation 2.
À noter que Phantom Brave a été réédité en 2009 sur Wii, au Japon et en Amérique du Nord, sous-titré We Meet Again. Cette nouvelle version, en plus de proposer un léger lissage des graphismes, apporte quelques nouveautés, notamment le personnage de Carona. Une raison supplémentaire de découvrir ce chef-d’oeuvre si vous n’avez pas encore eu la chance de mettre la main dessus.
J’aurais tellement aimé avoir l’épisode Wii en France…